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La salopette Burda

Dans mon stock de tissu apporté de France, je n’ai emporté que les grands coupons dont j’étais sûre de faire quelque chose dans un avenir plus ou moins proche. Parmi eux, cette garbardine avec élasthanne de chez Mondial.

J’ai cousu dans sa jumelle une Xerea visible ici, beaucoup portée mais malheureusement tachée de manière irrécupérable (les joies des enfants en bas âge). Dans ce coupon j’ai eu pendant un long moment l’intention de coudre un pantalon Sorell. Sauf que une fois le patron découpé, je me suis rendu compte que les jambes sont vraiment trèèèès larges. Donc même en tournant dans tous les sens, mon coupon n’était pas assez grand.

J’ai eu vaguement l’idée de me recoudre un pantalon Port, mais j’y tiens, si je me couds un pantalon clair, je veux que ce soit un pantalon taille haute avec jambes larges. Donc Port ne va pas. Finalement j’ai décidé de faire à mon aînée une pièce dans laquelle j’avais très envie de la voir : une salopette de grande fille.

Ici en Amérique du Nord, la salopette est un vêtement qu’on trouve très facilement, pour tous les âges, dans toutes les couleurs. Étrange car je n’ai jamais vu aucun adulte là-dedans, mais on en voit assez fréquemment dans les magasins. Sauf que voilà, Clémence, 7 ans et pas toutes ses dents, est du genre minus et très mince, sauf des joues (elle tient de sa mère de ce côté). Elle porte des pantalons en 5 ans avec les élastiques de taille serrés au maximum, et ses petits camarades sont tous plus grands qu’elle d’au moins une tête. Elle porte des chaussures « bambin » (toddler), c’est super difficile de trouver des choses qui vont à son âge et à l’usage qu’elle en fait (arrggg les chaussures de sport d’uniforme) et elle remet ses vêtements deux, voire trois années de suite. Donc lui coudre des choses maison est finalement un bon plan : ça dure longtemps sur elle, c’est remettable sur la petite soeur pas longtemps après, et ça lui permet d’avoir des choses qui lui vont bien.

Donc acte. Je n’avais pas cousu pour elle depuis longtemps, et j’ai jeté mon dévolu sur la salopette du Burda Kids de l’été 2016. Il en existe plusieurs variantes dans le même numéro : robe, salopette, salopette-short. J’ai cousu la salopette longueur pantalon mais avec la poche sans rabat et les bretelles « classiques », le patron prévoyant en théorie de faire des noeuds pour régler les bretelles.

J’ai fait la taille 110 : bien en hauteur avec 2 revers aux chevilles, trop large à la taille. Sur un pantalon j’aurais fait des ajustements, mais là on s’en fiche, le côté trop large faisant partie du style. Ça faisait longtemps que je n’avais pas décalqué du Burda, j’avais oublié à quel point c’est pénible. Non seulement il faut trouver les pièces, mais après il faut encore rajouter toutes les marges, et couper les pièces rectangulaires suivant un petit tableau (parce que oui oui, aux pièces tracées il faut rajouter 5 rectangles de divers formats pour les parementures, les ceintures, les passants, etc…).

Autant dire qu’une fois qu’on a enfin coupé le tissu, on a la flemme de s’y mettre juste après. Mais bon, la promesse du beau temps le weekend suivant m’a motivée. L’hiver tarde à prendre fin, le matin il gèle encore un jour sur deux, les arbres n’ont pas encore de fleurs… et on est le 2 mai quand je rédige cet article…

Pour la réalisation, je n’en ai pas vraiment bavé, mais arrivée au milieu des explications, je n’ai plus rien pigé, et j’ai fini par faire selon ma logique d’après une robe-tablier qu’elle a dans sa penderie.. Disons que la salopette avec poches italiennes AU MÊME EMPLACEMENT que les ouvertures, le tout sans schéma explicatif, ce n’est pas exactement un modèle débutant. Mais j’ai vaincu. En dehors de cet aspect pénible de Burda, on ne peut pas râler sur le patronage : il y a des repères, c’est pas fait n’importe comment, et le résultat final est très mignon. Ma machine a souffert car le tissu ressemble à du jean et à certains endroits il y a pas mal d’épaisseurs, mais elle et moi, on s’en est sorties. Je n’ai plus qu’à trouver un endroit où la faire réviser, la pauvre n’a pas vu le mécanicien depuis 5 ans.

Au moment de faire les boutonnières, ma chère Pfaff a décidé qu’elle ne voulait pas gérer les différences d’épaisseurs. Donc j’ai abandonné et finalement mis ces pressions Prym en résine en forme de fleurs qui sourient que je ne sais plus quel site m’avait envoyé par erreur et que j’ai pu garder. Faute de mercerie ouverte, j’ai également renoncé aux bretelles réglables. J’ai au moins 50 de ces pressions non désirés, si on a besoin de rallonger les bretelles, pouf, deux coups de pince est c’est fait. Et Clémence trouve que c’est « vachement plus pratique à défaire pour aller faire pipi ». Pas faux.

Il a des tonnes de surpiqûres, pantalon oblige, donc ça prend du temps. Je dirais environ 6h30, relevé du patron et coupe du tissu inclus. Pas vraiment un petit projet rapide, mais elle adore les poches partout : 5 au total, sur un vêtement de petite fille, c’est beaucoup. La couleur n’est pas forcément la plus adaptée à une après-midi dehors, mais c’est joli. En tout cas je trouve que le labeur valait la peine, elle est chouette là-dedans !

Il me reste un tout petit coupon dans lequel je devrai réussir à rentrer un short…. Affaire à suivre, je ne sais pas encore si ce sera en 5/6 ans ou en 4 ans.

Le papa photographe a omis de prendre le dos en photo : deux poches plaquées sur le pantalon, et les bretelles sont raccordées au pantalon par une sorte de « mini bavette » en trapèze, forme très classique donc.

Le modèle est très chouette, je lui en referai une l’an prochain je pense, peut-être même en velours pour l’hiver, avec un sous-pull à col roulé ça devrait être pas mal.

En bonus le photo-bombing de la petite soeur (en Suzon Cochonou comme on l’aime chez nous)

Published inCoutureCouture pour elles

2 Comments

  1. Gabrielle Gabrielle

    Que ces petites filles sont jolies et bien habillées : vous en avez de la chance..

  2. Mentalo Mentalo

    Bravo ! Tu es une mère admirable de passer autant de temps sur un vêtement clair. A moins que tu interdises les feutres d’ardoise, la sauce tomate et les fruits rouges à ta progéniture 🙂
    En tout cas le réultat lui va super bien !

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