Une prise sur goulotte est un appareillage électrique modulaire qui se clipse directement dans un profilé fixé au mur, au sol ou sur le mobilier, sans boîte d’encastrement. Dans un open space, ce système permet de distribuer l’alimentation et les connectiques réseau à chaque poste de travail tout en conservant la possibilité de reconfigurer l’agencement des bureaux.
Profondeur utile de la goulotte : le critère que les catalogues ne mettent pas en avant
Avant de choisir une prise, il faut vérifier la profondeur utile réelle du profilé. Un mécanisme de prise peut afficher le bon format (45×45 mm, par exemple) et pourtant ne pas se clipser correctement si le boîtier dépasse à l’intérieur de la goulotte.
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Ce problème survient surtout quand des accessoires de jonction, des angles ou des dérivations sont déjà en place. La réserve de profondeur se réduit à chaque ajout, et une prise techniquement compatible devient physiquement inutilisable.
Le dimensionnement d’une goulotte d’open space ne se fait donc plus au mètre linéaire. Les retours de chantier montrent qu’il faut intégrer les angles, dérivations et accessoires de jonction avant la coupe des tronçons droits. Planifier le parcours complet de la goulotte, accessoires compris, évite de découvrir trop tard qu’un segment ne peut plus recevoir la prise prévue.
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Séparation courants forts et courants faibles dans une goulotte de bureau
Dans un open space, la goulotte transporte souvent deux types de câblage : l’alimentation électrique (courant fort) et le réseau informatique ou téléphonique (courant faible). Installer les deux dans le même compartiment crée des perturbations électromagnétiques qui dégradent le signal réseau.
La solution normative est simple : utiliser une goulotte à compartiments distincts. Un compartiment accueille les câbles d’alimentation, l’autre les câbles RJ45 ou fibre. Cette séparation physique est rappelée dans les guides de conformité récents et reste un point de conception à ne pas négliger, surtout face aux goulottes « tout-en-un » vendues comme faciles à poser.
Conséquences pratiques sur le choix du profilé
Une goulotte mono-compartiment suffit pour un bureau individuel qui n’a besoin que d’alimentation. Pour un plateau open space avec postes de travail en bench, où chaque collaborateur a besoin d’un accès réseau filaire et de prises électriques, un profilé à deux ou trois compartiments devient la base du cahier des charges.
Le surcoût du profilé multi-compartiments est marginal comparé au temps perdu à diagnostiquer des dysfonctionnements réseau causés par des interférences.
Compatibilité mécanique entre prise modulaire et série de goulotte
Les deux systèmes les plus répandus en open space sont le format Mosaic (Legrand) et les gammes concurrentes comme Kaedra (Schneider Electric). Leur logique de fixation diffère :
- Le système Mosaic repose sur un clipsage sans outil, conçu pour un remplacement rapide lors des réaménagements fréquents de postes de travail.
- Les systèmes à fixation renforcée offrent une meilleure résistance aux chocs, notamment pour les goulottes posées au sol dans les zones de passage.
- Certains mécanismes acceptent un détrompage par couleur (rouge pour les circuits ondulés, par exemple), ce qui facilite l’identification des circuits dans un plateau dense.
Mélanger des prises d’une série avec une goulotte d’un autre fabricant fonctionne rarement. La compatibilité mécanique entre le mécanisme et le profilé doit être vérifiée référence par référence, pas uniquement sur la base du format annoncé.

Densité de prises par poste de travail en open space
La question du nombre de prises par poste revient systématiquement lors de l’aménagement d’un plateau. Un poste de travail standard mobilise au minimum une prise pour l’écran, une pour le chargeur d’ordinateur portable et une troisième pour un périphérique (lampe, chargeur de téléphone, second écran).
En pratique, prévoir moins de trois prises 2P+T par poste génère des conflits d’usage et une multiplication de multiprises, ce qui annule l’intérêt d’une installation propre sur goulotte. Trois prises par poste constituent un minimum fonctionnel, et quatre offrent une marge de confort réaliste.
Connectique USB-C intégrée à la goulotte
Les prises avec port USB-C intégré se généralisent dans les catalogues professionnels. Elles permettent de charger un téléphone ou un ordinateur portable sans mobiliser une prise 2P+T. L’ajout de modules USB-C dans la goulotte réduit le nombre d’adaptateurs secteur sur le plateau et libère des emplacements pour d’autres usages.
La NF C 15-100 version 2024 encadre les circuits de prises, y compris les modules de charge USB, qui doivent être raccordés sur un circuit protégé au même titre que les prises classiques.
Câblage de goulotte et réaménagement fréquent des bureaux open space
Un open space se reconfigure en moyenne bien plus souvent qu’un bureau cloisonné. Le mobilier bench se déplace, les équipes changent de zone, les postes s’ajoutent ou se suppriment. Le câblage doit suivre.
C’est là que la goulotte appareillable prend tout son sens par rapport à l’encastrement mural. Déplacer une prise encastrée demande de percer, reboucher, repeindre. Déplacer une prise clipsée sur goulotte prend quelques minutes.
- Prévoir des emplacements vides (obturateurs) dans la goulotte pour accueillir de futures prises sans modifier le profilé.
- Utiliser des tronçons droits standardisés facilite le remplacement d’un segment endommagé.
- Identifier chaque circuit par un code couleur ou un étiquetage permanent simplifie les interventions de maintenance sur un plateau dense.
Un obturateur coûte quelques euros et évite de recouper un tronçon entier lors d’un ajout de poste. Cette anticipation fait partie des bonnes pratiques de conception pour les espaces qui accueillent des équipes en mouvement.
Le choix d’une prise sur goulotte pour un open space repose sur trois vérifications concrètes : la profondeur réelle du profilé après pose des accessoires, la séparation physique des courants forts et faibles, et la compatibilité mécanique exacte entre le mécanisme de prise et la série de goulotte retenue. Négliger l’un de ces points transforme une installation modulaire en source de dysfonctionnements récurrents.

