3,5 millions : c’est le nombre de logements concernés, dès le 1er janvier 2024, par l’obligation d’installer un différentiel haute sensibilité dans chaque pièce principale. Derrière ce chiffre, une bascule réglementaire qui oblige tout le secteur à revoir ses méthodes et ses priorités. Les constructeurs et installateurs n’ont désormais plus le choix : chaque chantier doit intégrer la dernière mouture de la norme NF C 15-100, accompagnée d’un cortège de prescriptions inédites. L’ère du bricolage électrique improvisé est révolue.
Depuis le début de l’année, installer un dispositif différentiel à haute sensibilité dans chaque pièce principale n’est plus une option pour les logements neufs. Cette nouvelle exigence, issue de la révision la plus récente de la norme NF C 15-100, bouleverse les habitudes. Elle s’ajoute à une réorganisation complète des circuits, pensée pour s’adapter à la multiplication des appareils connectés, et à un durcissement des règles sur la mise à la terre.
En parallèle, la RE2025 fixe des seuils de performance énergétique encore plus stricts pour toutes les installations électriques. Ces obligations réglementaires, désormais inscrites dans le calendrier des travaux, forcent architectes, promoteurs et artisans à repenser leurs pratiques techniques sans délai.
Norme NF C 15-100 : ce qui change à l’horizon 2025
La norme NF C 15-100 reste la référence incontournable pour la sécurité des installations basse tension, mais l’échéance de 2025 marque un véritable tournant. Les concepteurs et électriciens doivent désormais se plier à toute une série de nouvelles attentes qui redéfinissent la manière de concevoir et de réaliser chaque installation.
Désormais, la protection différentielle s’impose dans chaque pièce de vie grâce à un dispositif 30 mA généralisé. Finie la protection à minima : chaque espace doit offrir une sécurité renforcée contre les contacts indirects. Les équipements connectés et domotiques ne sont pas oubliés, puisque les prescriptions concernant les circuits spécialisés sont revues de fond en comble. La norme va même jusqu’à recommander une répartition des circuits pensée pour maintenir un service minimum en cas de défaut isolé, évitant ainsi la coupure générale au moindre souci.
Pour mieux comprendre les nouvelles exigences, voici les principales évolutions à prendre en compte :
- Le nombre de prises par pièce augmente pour s’ajuster à l’explosion des usages numériques
- La gestion des réseaux de communication s’organise désormais directement dans le tableau électrique
- Les distances minimales à respecter entre réseaux forts et faibles deviennent obligatoires
Le renforcement de la mise à la terre gagne en importance : contrôles de la résistance des prises de terre plus fréquents, obligation de tracer précisément les mesures. Pour le collectif, les dispositifs de coupure générale doivent être accessibles depuis les parties communes. Ces mesures s’inscrivent dans la trajectoire européenne, sécurisant les installations tout en ouvrant la voie à des logements mieux préparés aux technologies connectées et à la sobriété énergétique.
Quelles obligations pour les installations électriques neuves et rénovées ?
Face à ces évolutions réglementaires, la vigilance s’impose dès la phase de conception, que l’on parle de construction neuve ou de rénovation électrique lourde. La priorité, c’est la sécurité des occupants et l’anticipation des nouveaux usages numériques, qui grignotent chaque jour davantage de place au sein des foyers.
Dans les zones exposées, la protection contre les surtensions devient systématique afin de protéger les équipements sensibles. Les DDR (dispositifs différentiels résiduels) à haute sensibilité se généralisent sur tous les circuits principaux, améliorant la détection des défauts d’isolement et limitant le risque d’incendie d’origine électrique.
La norme impose aussi une résistance au feu accrue pour les câbles et une identification claire des réseaux, pour faciliter la maintenance et éviter les erreurs lors des interventions. Quant à la gestion des réseaux de communication, chaque logement neuf se voit désormais équipé d’un coffret centralisé, garantissant une connectivité optimale à la fibre et aux nouveaux services domotiques.
En synthèse, voici les mesures qui s’imposent dans les logements neufs et lors des rénovations lourdes :
- Le nombre de prises électriques par pièce augmente pour répondre à la multiplication des usages
- Respect des distances minimales entre réseaux électriques et de communication
- Intégration d’une coupure générale, facilement accessible dans chaque logement
Dès que la rénovation touche à la structure du tableau électrique, elle doit s’aligner sur ces exigences. Les professionnels sont tenus de vérifier la continuité de la mise à la terre et l’efficacité des protections installées, sous peine de se voir refuser la conformité lors du contrôle final. L’exigence ne laisse aucune place à l’à-peu-près.
Mise à la terre : pourquoi son renforcement devient incontournable
Impossible de négliger la mise à la terre : elle représente la pierre angulaire de toute installation électrique basse tension. Avec la prolifération des équipements électroniques fragiles, une défaillance, même minime, peut entraîner des dégâts matériels ou un risque direct pour les personnes en cas de contact ou de fuite de courant.
Les nouvelles règles imposent un contrôle rigoureux de la résistance des prises de terre. À chaque intervention sur le tableau électrique, la mesure de la résistance devient obligatoire. La vigilance s’étend à l’uniformité des connexions de terre, même pour les rénovations partielles : la continuité de la protection doit être assurée jusqu’au moindre recoin, sous peine de voir l’installation fragilisée.
Pour visualiser ces nouvelles exigences, voici les points à retenir :
- La résistance maximale des prises de terre ne doit pas dépasser 100 ohms pour la plupart des logements
- Les contrôles de conformité incluent une vérification systématique de cette résistance
- L’identification et le repérage des conducteurs de terre s’imposent comme des démarches incontournables lors de la pose du tableau électrique
Ce renforcement de la mise à la terre s’inscrit aussi dans la logique des certificats d’économies d’énergie. Une installation bien conçue réduit les pertes, optimise la sécurité et répond aux nouvelles exigences normatives. Les bureaux de contrôle exigent désormais une documentation soignée et une traçabilité précise de chaque point de mesure, condition sine qua non pour valider toute installation neuve ou rénovée.
RE2025 et normes électriques : quels impacts concrets sur vos projets ?
La RE2025 accélère la transformation du secteur électrique. Désormais, chaque projet neuf ou rénové s’inscrit dans une vision globale : performance énergétique, anticipation des besoins en recharge de véhicules électriques, adaptation aux usages connectés. L’ambition : faire de chaque logement un espace sobre, modulable et prêt pour la transition écologique.
Les réseaux électriques se dimensionnent autrement. Dès la conception, le choix se porte sur des tableaux électriques évolutifs, capables d’intégrer bornes de recharge et gestionnaires d’énergie intelligents. Un autre virage s’opère avec la généralisation des appareils à faible perte et des dispositifs de pilotage automatique. La PPE (programmation pluriannuelle de l’énergie) impose un niveau d’exigence élevé sur les émissions, poussant les installations à limiter leur impact tout en restant adaptables.
Pour mieux cerner les chantiers à venir, voici les principales mesures inscrites dans la RE2025 :
- Le pré-équipement pour la recharge des véhicules électriques devient la norme, dans l’habitat individuel comme collectif
- Le DPE (diagnostic de performance énergétique) s’intègre dès la phase de conception
- L’optimisation des protections différentielles permet de limiter les pertes et de garantir la sécurité
Les choix techniques s’orientent désormais vers des solutions flexibles, capables d’accompagner la montée en puissance de la mobilité électrique et l’évolution des modes de vie. La stratégie nationale bas carbone sonne comme un appel à l’innovation : chaque chantier devient un terrain d’expérimentation où efficacité énergétique et adaptation aux nouveaux usages se conjuguent pour dessiner le logement de demain.


